ALTERNANCE 2025 :
ANNEE DE BASCULE
2026 : ANNEE DE RUPTURE ?
L’observatoire de l’Alternance a présenté, ce jeudi 12 décembre une synthèse de ses travaux et a annoncé la 5e édition de son tableau de bord. Certains constats apportent un éclairage particulier sur les évolutions envisagées dans le Projet de loi de finances pour 2026.
2024 : Chute du contrat de professionnalisation mais maintien du contrat d’apprentissage.
En 2024, les contrats de pro. atteignent un point bas historique (86 545), avec une chute accélérée après la fin de la prime exceptionnelle au 1er mai. La progression de l’apprentissage reste marginale, même dans le supérieur, moteur historique depuis 2019.
Au total, les entrées en alternance sont en baisse.
2025 : Nouvelle chute des contrats de pro., baisse des contrats d’apprentissage.
Le contrat de pro. poursuit son recul à fin août 2025 (-7%), après des baisses déjà marquées en 2024, 2023 et 2022. La baisse touche d’abord les moins de 26 ans, tandis que la progression des plus de 26 ans s’essouffle à son tour.
L’apprentissage soutient désormais presque seul l’alternance, mais connaît en 2025 sa première baisse après une forte croissance engagé depuis 2019. Estimée à 3,35 % à fin septembre, celle-ci pourrait atteindre, selon les scénarios, entre 5 et 10 % sur l’année, en-deçà des prévisions de l’INSEE. Quel que soit le chiffre 2025, il masquera de fortes disparités sectorielles, certaines branches enregistrant des baisses à deux chiffres. Il conviendra d'analyser les données sectorielles mais il semble que les évolutions économiques n’expliquent pas à elles seules l’ampleur de ces baisses. La baisse, plus marquée dans les niveaux supérieurs, renforce cette hypothèse, notamment avec l’introduction d’un reste à charge au 1er juillet.
2024 et 2025 : Une baisse préoccupante de la santé économique des CFA.
Selon les chiffres de France compétences, un nombre croissant de CFA, connaissent des déficits d’exploitation sous l’effet cumulé de la hausse des charges et de la baisse des NPEC. D’une manière générale, les différences entre NPEC et coûts constatés se sont réduits sensiblement, notamment pour les niveaux supérieurs. Conséquence, les fonds propres diminuent, fragilisant les CFA, sur le fonctionnement et les investissements.
Selon les mêmes chiffres, les fonds propres représentaient 66% du montant des investissements réalisés par les CFA en 2023. Le Gouvernement a proposé, dans le cadre du PLF, de diviser par 2 ou presque l’enveloppe investissement des régions, et de limiter la capacité des OPCO à les financer. Réduire aussi considérablement la capacité d’investissement, c’est dégrader l’outil de formation durablement avec des effets mesurables d’ici 5 ans environ.
Un choix qui s’avère incompréhensible au regard des déclarations du gouvernement et notamment de Monsieur Farandou, ministre du Travail.